Centre d'Art Roman de la ville d'Issoire

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28e Colloque international d'art roman

Issoire - Animatis – Salle Claude-Nougaro
12, 13, 14 octobre 2018

Co-organisé par les associations Terres Romanes d’Auvergne, Archiclassique et le pôle Lecture – Arts - Patrimoine de la ville d’Issoire, avec le soutien de la municipalité et de l’Alliance Universitaire d’Auvergne, ce colloque sera placé sous le patronage de la Société Française d’Archéologie et de l’Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Clermont-Ferrand.

Conférences les vendredi 12 et samedi 13 octobre 2018

Excursion le dimanche 14 octobre 2018

ANIMAL ET ANIMALITÉ À L’ÉPOQUE ROMANE

Le programme à télécharger :

Dossier de presse colloque 2018 rectifié (pdf - 1,76 Mo)

L’actualité nous amène souvent à regarder les choses à travers le filtre du passé et à revisiter l’histoire, à réinterroger les sources, et à renouveler le regard sur un sujet pas tout à fait nouveau. Il en va ainsi de l’histoire de l’animal.

En effet, des événements survenus au cours des dernières décennies comme l’épidémie de la vache folle, la disparition récemment constatée de nombreux animaux et la menace d’extinction de certaines espèces, dont l’impact risque d’être désastreux sur la biodiversité et sur l’existence de l’homme lui-même, ou encore l’évolution des mentalités et des comportements vis à vis des animaux, qui prennent en compte, par exemple, la souffrance animale, jusqu’au refus par certains de consommer de la viande ou tout produit d’origine animale, remettent périodiquement l’histoire de l’animal sous les feux de l’actualité.

De tout temps, l’animal a côtoyé l’homme, il fait partie de son environnement, il l’accompagne tout au long de sa vie. Et d’une certaine façon, étudier l’histoire de l’animal, c’est aussi envisager les rapports que l’homme établit avec lui, que ce soit sous sa forme vivante ou sous la forme de ses représentations mentales ou figurées.

Pour autant la période médiévale bénéficie d’un héritage ancien. À la Préhistoire, les animaux peuplent les parois des grottes, dans une ronde sans fin, objet sans doute de pratiques religieuses dont une grande partie nous échappe aujourd’hui. Dans l’Antiquité égyptienne, certains animaux sacralisés ont même été l’objet d’un culte. Et dans la civilisation gréco-romaine, alors que la figure de l’homme domine, ce dont l’anthropomorphie de la divinité est le signe le plus visible, ils font partie intégrante de la mythologie, les dieux ne refusant pas à l’occasion de se transformer en animal pour jouer à l’homme un de ces tours dont ils avaient le secret.

Avec le christianisme, la présence animale et son rapport à l’homme s’enracinent dans la Genèse. Au Moyen Âge, l’animal est présent partout, et particulièrement à l’époque romane. Créature de Dieu, dont la création est intervenue les 4e et 5e jours et précède celle de l’homme, il n’en revêt une importance que plus grande. Mais lorsqu’Adam acquiert le pouvoir de nommer les animaux, l’homme exerce alors un pouvoir de domination sur lui. Aux XIe et XIIe siècles, accompagnant le paysan et le seigneur, le chasseur et le guerrier dans leurs occupations quotidiennes, il devient aussi le sujet d’un répertoire inépuisable d’images sculptées ou peintes couvrant les murs des églises et donnant lieu à toutes sortes d’interprétations dans lesquelles les artistes ont laissé libre cours à leur imagination.

Du serpent de la Chute à la colombe du Déluge, de l’âne des Rameaux aux Quatre Vivants de l’Apocalypse, l’animal occupe une place qui dépasse très largement la simple sphère de la vie quotidienne et ne le relègue pas à de simples formes décoratives, ces « belles difformités » tant stigmatisées par saint Bernard comme objet de distraction, pour ne pas dire de délectation esthétique.

Si l’animal pose le problème de son rapport à l’homme, il pose aussi celui de sa place dans la société, dans la communauté, exprimée notamment dans une œuvre comme le Roman de Renart, un regard critique que l’homme porte sur lui-même travers le filtre animal.

Enfin sous la plume des philosophes et des théologiens, l’animal devient aussi l’objet d’une réflexion théologique, qui fut initiée dès le début du Moyen Âge par les Pères de l’Église. À la différence de l’animal, l’homme est un être doté de la raison, responsable, pourvu d’une conscience. Du coup l’être non humain est doté d’une pureté originelle.

« En réfléchissant sur l’animal, on se trouve donc au cœur de ce qu’il y a de plus incompréhensible dans le mystère chrétien : la souffrance de l’innocent ; nous voilà en présence d’une forme de souffrance encore plus mystérieuse que celle de l’homme pécheur (racheté par la souffrance du Christ innocent mort pour les fautes de celui-là). La souffrance d’un être pur et innocent – l’animal – nous oblige à projeter sur la bête, des lumières nouvelles. » (Jean Guitton)

Si donc on doit s’interroger sur la place de l’animal dans la vie quotidienne, la vie profane, comme la vie religieuse, l’analyse nous entraîne beaucoup plus loin dans les arcanes de la pensée, dans l’épaisseur des croyances de l’homme roman.

De nombreux axes pourront être envisagés, en accord avec l’importance du sujet et la multitude des approches possibles. Toutes les sources, écrites et visuelles, qui sont multiples et diverses pourront être sollicitées.

 

L’animal : connaissance, classification

Définition de l’animal : étymologie (« anima » = âme, animé).

La connaissance directe par l’archéologie, l’archéozoologie.

Descriptions par la littérature et par la représentation, qui posent le problème du réalisme des œuvres romanes. Sources d’archives.

Dichotomie : animaux domestiques et familiers / animaux sauvages.

Le discours scientifique, classement des animaux par les textes : Bible, Physiologus, Bestiaires, les Étymologies d’Isidore de Séville, Traités, Encyclopédies, Ménageries.

Mise en images de ces textes : illustrations de manuscrits.

La répartition géographique. Les animaux censés vivre dans les marges, dans les pays lointains et inconnus.

 

Les héritages

L’héritage antique. Par les textes, par les images.

Les rapports Orient / Occident.

L’animal comme enjeu de civilisation entre Orient et Occident.

Le passage par Byzance.

 

L’animal dans la Bible et l’exégèse

Voir les textes canoniques et les commentaires.

Il y a environ 150 animaux cités dans la Bible. Si certains sont cités parce qu’ils font partie intégrante du récit, sans plus, un certain nombre sont clairement investis d’une valeur symbolique, voire théologique, très forte, dont le sens rejaillit sur l’ensemble de la vie et de la pensée chrétienne.

 

La dimension économique, l’animal comme ressource

L’animal comme force de travail : le bœuf (labour), le cheval (déplacement).

La chasse et la pêche.

L’élevage :

- utilisation des produits pour la consommation (viande, lait, fromage, œufs, etc.), caractérisations sociologiques,

- utilisation des produits pour la fabrication d’objets, produits dérivés : laine, cuir, ivoire, os.

 

L’animal comme symbole

Entre le Bien et le Mal.

Au Paradis, « le loup habitera avec l’agneau » (Esaïe). Et en Enfer ?

La morale : la fable, reprise des textes antiques.

 

L’animal miroir de l’homme

C’est essentiellement dans les fables et le Roman de Renart que se développe cette idée. Pendant populaire de la littérature chevaleresque, cette littérature comme les représentations sculptées ou peintes mettent en scène les animaux dans des comportements humains et dénoncent l’hypocrisie de la société.

 

Animalité / humanité. Altérité

Penser l’animalité et l’humanité revient à toucher le problème des frontières, et d’aborder la métamorphose, l’hybride, la monstruosité.

La physiognomonie. L’homme prenant des caractères animaliers, les animaux prenant l’apparence des humains. L’apparence physique étant le révélateur d’un état moral, tout ce qui déroge à la « normalité » va à l’encontre de la perfection de la Création, signe la présence du Mal.

Mais ces hybrides, qui relèvent du monde de l’imaginaire, ne sont-ils pas aussi de simples décors, laissant libre court à la fantaisie et au plaisir de faire, de contempler de belles formes ?

L’humanité et l’animalité au croisement des cultures religieuses et profanes.

L’homme sauvage : retour à l’animalité.

 

L’animal comme signe

L’animal comme signe du divin :

- la colombe, le cerf, le poisson, mais aussi le serpent, l’aspic, la bête sauvage,

- les fléaux dus à l’animal, mais aussi l’animal objet de miracle.

L’animal comme signe cosmique et universel : les Signes du Zodiaque.

Armoiries, sceaux, héraldique.

L’animal comme marqueur social : animaux nobles, animaux populaires.

 

L’animal comme lieu d’évasion

La fantaisie, le mystérieux, le merveilleux.

Ouverture sur l’imaginaire, sur le lointain, l’inconnu.

Rapport entre l’imaginaire profane et le lieu d’insertion religieux. L’église accueillant les monstres.